Cyclisme
Tour de France
Le Britannique s'est imposé au sprint devant André Greipel et Matthew Goss. (Reuters)
Cavendish est allé la chercher
Lundi 02 juillet 2012 | 17h36
Privé des services du train de l'équipe Sky, articulée cette année autour de Bradley Wiggins, Mark Cavendish a prouvé qu'il était quand même capable de s'imposer sur les routes du Tour de France. Le champion du monde s'est imposé à Tournai, terme de la 2e étape, en débordant André Greipel dans les tous derniers mètres. Fabian Cancellara conserve la maillot jaune.
Ce début de Tour de France est décidément une affaire de spécialiste. Après la victoire de Fabian Cancellara dans le prologue et le succès en puncheur de Peter Sagan, Mark Cavendish a remporté la 2e étape du l'édition 2012, la première promise aux sprinteurs, en s'imposant en costaud à Tournai. C'est la 21e victoire de Cavendish sur la Grande Boucle, et ce n'est sans doute pas celle qui lui procurera le moins de plaisir. Pourquoi ? Parce que le Cav' s'est fait un malin plaisir à priver du succès son vieux rival André Greipel, et surtout parce que, pour une fois, il s'est imposé sans avoir été emmené dans un fauteuil par ses coéquipiers.
Cette année, vu le parcours et la forme affichée par Bradley Wiggins toute la saison, le Team Sky a choisi de mettre sa priorité sur le classement général. Quitte à, pour une fois, livrer Cavendish à lui-même. Le Manxman s'est longtemps caché, affichant des prétentions mesurées ("Si j'en gagne une, c'est déjà pas mal"), pour surgir au meilleur moment : à 200 mètres de la ligne, quand André Greipel a lancé son sprint. Tapis dans l'ombre de son ancien coéquipier, Cavendish a fait parler sa puissance pour déborder le puissant allemand et conserver une demi-roue d'avance sur la roue. Suffisant pour afficher un large sourire à l'arrivée. "Je suis quand même champion du monde" , a-t-il rappelé à France Télévisions, comme un clin d'oeil à ses détracteurs, en particulier à ceux qui ne le croyaient pas capable de gagner sans son train.
Voeckler perd 20 secondes
A Tournai, Cavendish n'a pas seulement prouvé qu'il était le coureur plus rapide du monde. Il a aussi rappelé qu'il était l'un des plus malins, utilisant ses qualités de frotteur issues de la piste pour prendre la bonne roue dans le final, celle de Greipel, pour qui l'équipe Lotto-Belisol avait balisé le terrain. "On n'a pas l'équipe pour mettre les gars devant, avait prévenu dans la journée Sean Yates, le directeur sportif du Team Sky, au micro de France Télévisions. On laisse faire. Ils vont y aller à trois avec Eisel, Boasson Hagen et Cavendish. Il (Cavendish) verra quel train il va prendre." Visiblement, Cavendish a choisi le ticket gagnant.
Auparavant, les autres formations de sprinteurs avaient effectué le gros du travail dans une journée pratiquement sans histoire. Les Argos de Marcel Kittel, finalement malade et décroché dans les derniers kilomètres, avaient roulé derrière le trio de fuyards (Kern, Roux et encore Morkov, le maillot à pois). Ce n'est que dans le final que la course s'est accélérée, et ils sont quelques-uns à avoir perdu du temps. C'est le cas de Luis-Leon Sanchez et Tony Martin, les grands blessés de la première étape, mais également de Thomas Voeckler, qui a cédé 20 secondes dans une cassure. Pas sûr que cela l'incite à viser le classement général cette année...





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