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Cyclisme

    Ciprelli vers une mise en examen

    Patrice Ciprelli dans de sales draps. (Reuters)

    Ciprelli vers une mise en examen

    Jeudi 09 février 2012 | 21h18

    Entendu depuis mercredi par les enquêteurs de l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique, Patrice Ciprelli a été présenté jeudi soir à un juge d'instruction du parquet de Grenoble qui devrait le mettre en examen dans la foulée pour de nombreux motifs liés à l'achat d'EPO. Le mari et entraîneur de Jeannie Longo pourrait changer de ligne de défense, c'est-à-dire avouer ?

    L'étau se resserre autour de Patrice Ciprelli. Depuis la publication en septembre par L'Equipe d'e-mails entre lui et Joe Papp, ancien cycliste "reconverti" dans le trafic d'EPO, faisant état d'achat d'Esposino, une EPO chinoise, par le mari de Jeannie Longo, ce dernier se trouve dans le collimateur de l'OCLASESP, l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique, qui a fini par le cueillir au petit matin mercredi dans son appartement de L'Alpe d'Huez pour le mettre en garde à vue au parquet de Grenoble, où il est entendu depuis et devrait être mis en examen.

    C'est en tout cas ce qu'a laissé entendre le procureur de la République de Grenoble, Jean-Yves Coquillat, qui a annoncé jeudi que Patrice Ciprelli allait être présenté devant un juge d'instruction, ce qui signifie l'ouverture d'une information judiciaire, et, très probablement, une mise en examen de l'intéressé pour "contrebande de marchandises dangereuses pour la santé, infraction aux règlements sur le commerce de substances vénéneuses", mais aussi "importation de substances ou de procédés interdits aux fins d'usage par un sportif sans justification médicale." Le procureur a en effet précisé qu'il y avait "suffisamment de charges pour une mise en examen".

    Joint jeudi après-midi, l'avocat de Patrice Ciprelli, Maître Bruno Ravaz, s'attendait en tout cas à ce scénario: "La mise en examen n'a pas été prononcée. Il est en effet fort possible qu'elle le soit demain mais ce sont des annonces prématurées qui déstabilisent mon client, encore entendu par les services de gendarmerie. Je pense qu'il y aura une instruction mais ce n'est pas le cas à l'heure actuelle. Mon client est très fatigué, épuisé parce qu'une garde à vue, c'est contraignant et humiliant." Reste que l'intéressé ajoutait également que la ligne de défense de Patrice Ciprelli, qui était jusqu'à présent de nier les faits contre toute évidence, pourrait changer: "Sa ligne de défense mercredi était de nier catégoriquement, je pense qu'elle a évolué mais je vais justement prendre connaissance de ses déclarations." (nous avons, en vain, cherché à joindre l'avocat dans la soirée).

    Ciprelli pourrait avouer...

    En clair, devant l'accumulation de preuves à charge, Ciprelli pourrait finir par avouer l'acquisition de doses d'EPO, reste à savoir pour quel usage. Dans l'interview accordée à L'Equipe en septembre, Joe Papp, le vendeur présumé, n'hésitait pas à désigner Jeannie Longo, puisqu'il avançait, sans preuves cependant: "J'ai vendu de l'EPO à Ciprelli (...) Il a d'ailleurs indiqué que c'était pour sa femme (...) Ciprelli n'a pas mentionné son nom, il a parlé de sa femme, c'est tout. Cependant, j'en ai déduit que Longo était la destinataire de l'EPO en me basant sur l'échange de la messagerie. Dans ce message, il écrivait vouloir de l'EPO pour son épouse, tout en précisant vouloir payer lui-même et que ce soit envoyé à une tierce personne." C'est sans doute ce que vont désormais chercher à savoir les enquêteurs, mais une chose est sûre, le nom de Jeannie Longo risque de revenir dans les conversations.

    Il est déjà évoqué en plus haut lieu, puisque jeudi sur Infosport+, le ministre des Sports, David Douillet, a répondu, lorsqu'on lui a demandé si Jeannie Longo risquait d'être privée de Jeux olympiques en cas d'implication avérée dans les "petites affaires" de son mari: "Si elle est impliquée, il faudra qu'elle assume avec beaucoup de responsabilité les éventuelles accusations auxquelles elles seraient soumises, et on prendra les sanctions que l'on devra prendre à ce moment-là. Evidemment, on ne peut pas laisser des individus en toute impunité bafouer les valeurs du sport." Quant à Patrice Ciprelli, son cas devrait rapidement faire l'objet d'une étude approfondie, à en croire David Douillet: "Je suis déjà en relation avec le ministère de la Justice pour avoir tous les éléments qui vont me permettre d'abord, dans une mesure conservatoire, de suspendre monsieur Ciprelli. Et puis, s'il est condamné, on ira plus loin et on l'exclura de ce ministère, de ses fonctions, et j'espère du sport." L'affaire n'est sans doute pas finie...

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