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Cyclisme

    L'Espagne au chevet de Contador

    Alberto Contador, ici à Pinto après sa victoire sur le Giro 2011. (Reuters)

    L'Espagne au chevet de Contador

    Mardi 07 février 2012 | 12h10

    Elevé au rang de héros après ses victoires sur le Tour de France, le Giro et la Vuelta, Alberto Contador n'a pas perdu le soutien de l'opinion publique et des médias espagnols. Que ce soit par ses anciens coéquipiers, par d'autres grandes figures du sport ibérique ou par la presse, le grimpeur de Pinto a été unanimement soutenu après l'annonce de sa suspension de deux ans.

    Alberto Contador suspendu deux ans par le Tribunal arbitral du sport, la nouvelle a fait l'effet d'une bombe. En France, l'accueil de cette nouvelle a été mitigé, partagé entre la satisfaction de voir que les tricheurs, même puissants, peuvent tomber et l'amertume de voir le cyclisme faire de nouveau les gros titres à cause d'une affaire de dopage. De l'autre côté des Pyrénées, en revanche, le son de cloche a été radicalement différent. D'une seule voix, l'Espagne s'est portée au secours de son champion, "victime" des tribunaux.

    La première salve de réactions est venue de la toile et du monde du cyclisme ibérique. Le premier à dégainer a sans doute été le plus virulent. Sur Twitter, Oscar Pereiro a même frôlé le dérapage. "Deux ans de suspension pour Alberto Contador alors que le jugement dit que le dopage n'est pas prouvé. Alors ? Quels fils de..., a lâché le vainqueur du Tour 2006, ancien coéquipier de Contador chez Astana, et qui s'en prend directement aux instances dirigeantes. Nous avons deux Espagnols (Contador et Alejandro Valverde, qui a repris la compétition depuis) suspendus sans que le dopage soit prouvé par l'UCI, ni le TAS. Honte à vous ! Savez-vous ce que je pense ? Il est innocent (...) Ce qui est vraiment pourri dans le cyclisme, ce sont ses dirigeants qui deviennent millionnaires avec notre sueur et nos efforts".

    Nadal: "Déplorable"

    Vainqueur du Tour 1988, Pedro Delgado estime également que l'UCI et le TAS voulaient faire un exemple avec Contador. "Nous sommes en train de perdre le Nord dans la lutte contre le dopage. (Cette peine) est excessive car même le TAS admet qu'il n'y a aucune preuve de dopage. Si l'affaire concernait un coureur moins connu, la peine aurait été moins lourde", a déclaré l'ancien grimpeur. Plus mesurés, les autres stars du sport espagnol que sont Rafael Nadal, Pau Gasol et Andres Iniesta ont tous adressé des messages de soutien à Contador, dont la suspension est "déplorable" selon Nadal. Quant à Juan Carlos Castano, président de la fédération espagnole de cyclisme, qui avait blanchi Contador en première instance, il estime que "c'est une très mauvaise nouvelle pour le sport espagnol. Et si nous sommes contraints de nous incliner, nous ne pouvons pas être d'accord avec cette décision." Enfin, selon un sondage, 84% des Internautes de Marca.com estiment que la peine infligée au Pistolero est "injuste."

    La deuxième vague de réactions est arrivée mardi matin dans les kiosques. Le quotidien catalan Sport parle d'une sanction "scandaleuse", et déplore ces deux années infligées "sans preuve". En une, AS fustige ce "maudit clenbutérol", tout en précisant que Contador serait autorisé à disputer la Vuelta en août prochain, mais rappelle l'ampleur des dégâts : "la décision implique la perte du Tour de France 2010, du Giro 2011, de dix autres victoires et une amende de 2,5 millions d'euros". Mais comme bien souvent, c'est Marca qui y va le plus fort. Le journal madrilène estime que "le TAS perd la tête", et évoque une "sentence scandaleuse et inexplicable", dont "les fondements relèvent du surréalisme".

    Marca fustige l'incohérence du TAS, qui a infligé à Contador la "sanction maximale sans preuve", tout en retenant "comme hypothèse la plus probable" celle avancée de l'ingestion de compléments alimentaires. Quant au quotidien généraliste El Pais, il tente de prendre plus de recul. "Sur les mêmes faits, un organisme a blanchi Contador, un autre a infligé la peine maximum. Malgré le labyrinthe légal, la sanction envers Contador et les réactions montrent qu'en Espagne, il y a un regard plus tolérant qu'à l'étranger sur le dopage", peut-on lire dans El Pais, qui s'attarde également sur le soutien de la ville de Pinto, qui "couve son héros". C'est de son fief, où il séjourne depuis dimanche soir entouré de ses proches, que Contador s'exprimera mardi soir devant la presse.

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